Limites et Continuité · Cours 2BAC PC-SVT

Ce cours de limites et continuité 2ème Bac (PC et SVT) explique pas à pas la continuité, le théorème des valeurs intermédiaires, la fonction réciproque et la racine n-ième, avec des exemples résolus et des exercices corrigés. Retrouve d’autres cours dans 2Bac PC-SVT.

Cours de limites et continuité 2ème Bac

DéfinitionÀ connaître par cœur.
Théorème / PropriétéÀ retenir et à citer.
ExempleRésolu étape par étape.
AstucePour mieux comprendre.
AttentionErreur fréquente.

1Limites : les rappels indispensables

Pour étudier la continuité, il faut savoir calculer des limites. Voici l’essentiel.

1.1 Limites usuelles

Limites à connaître
  • limx→+∞ xn = +∞ et limx→+∞ 1xn = 0 (pour n ≥ 1).
  • limx→−∞ xn = +∞ si n est pair, et −∞ si n est impair.
  • limx→+∞ √x = +∞ et limx→0⁺ √x = 0.
  • limx→0⁺ 1x = +∞ et limx→0⁻ 1x = −∞.
  • limx→0 1x² = +∞ (le carré est toujours positif).
  • limx→0 sin xx = 1  ;  limx→0 tan xx = 1  ;  limx→0 1 − cos xx² = 12  ;  limx→0 1 − cos xx = 0.

1.2 Opérations sur les limites

Si f et g ont des limites, on peut en déduire celle de f + g, f × g, 1/f, f/g, sauf dans les 4 cas appelés formes indéterminées :

+∞ − ∞
0 × ∞
00
∞∞

« Indéterminée » veut dire : on ne peut pas conclure directement, il faut transformer l’expression (factoriser, multiplier par le conjugué…).

Règle des signes pour un quotient Quand le dénominateur tend vers 0, regarde son signe : si le numérateur tend vers un nombre positif et le dénominateur vers 0⁺, le quotient tend vers +∞ ; vers 0⁻, il tend vers −∞.
Exemple 1 Calculer limx→1⁺ 3x + 1x² + x − 2.
  1. Numérateur : 3x + 1 → 4 (positif).
  2. Dénominateur : x² + x − 2 = (x − 1)(x + 2). Quand x → 1⁺, x − 1 → 0⁺ et x + 2 → 3. Donc le dénominateur → 0⁺.
  3. Conclusion : 40⁺ = +∞. Donc la limite vaut +∞.

1.3 Comment lever une forme indéterminée

SituationMéthode
Polynôme ou fraction rationnelle en ±∞On ne garde que le terme de plus haut degré (terme dominant).
00 avec des polynômes en un point aFactoriser par (x − a) puis simplifier.
00 ou ∞ − ∞ avec une racine carréeMultiplier par la quantité conjuguée.
Fonction trigonométrique en 0Se ramener aux limites usuelles (sin x / x…).
Exemple 2 · Terme dominant limx→+∞ 3x² − 5x + 1x² + 4 = limx→+∞ 3x²x² = 3.
Exemple 3 · Factoriser limx→2 x² − 4x − 2 est de la forme 00. On factorise : x² − 4 = (x − 2)(x + 2). Donc x² − 4x − 2 = x + 2 et la limite vaut 4.
Exemple 4 · Conjugué limx→4 √x − 2x − 4 est de la forme 00. On multiplie par (√x + 2) en haut et en bas :
(√x − 2)(√x + 2)(x − 4)(√x + 2) = x − 4(x − 4)(√x + 2) = 1√x + 2 → 14
La limite vaut 14.
Exemple 5 · Trigonométrie limx→0 sin 3xx = limx→0 3 × sin 3x3x = 3 × 1 = 3.

2Continuité en un point

L’idée Une fonction est continue en un point si on peut tracer sa courbe sans lever le crayon à cet endroit. Les maths traduisent cette idée avec les limites.
Définition Soit f une fonction définie sur un intervalle ouvert contenant x₀. On dit que f est continue en x₀ si
limx→x₀ f(x) = f(x₀)

Pour vérifier la continuité en x₀, on contrôle 3 choses :

  1. f(x₀) existe (la fonction est définie en x₀) ;
  2. la limite de f en x₀ existe et elle est finie ;
  3. cette limite est égale à f(x₀).

Si une des trois conditions échoue, f est discontinue en x₀.

x₀
Continue
pas de coupure
x₀
Discontinue
un saut : limite à gauche ≠ limite à droite
x₀
Discontinue
un trou : la limite existe mais ≠ f(x₀)
Exemple 1 Soit f(x) = x² − 6x + 5x − 1 pour x ≠ 1, et f(1) = −4. Étudier la continuité en 1.
  1. f(1) = −4 existe.
  2. On factorise : x² − 6x + 5 = (x − 1)(x − 5). Pour x ≠ 1, f(x) = x − 5. Donc limx→1 f(x) = 1 − 5 = −4.
  3. limx→1 f(x) = −4 = f(1).
Conclusion : f est continue en 1.
Exemple 2 · Fonction discontinue Soit g(x) = x² − 1x − 1 pour x ≠ 1, et g(1) = 3. Pour x ≠ 1, g(x) = x + 1, donc limx→1 g(x) = 2. Or g(1) = 3 ≠ 2 : g est discontinue en 1.
Prolongement par continuité Dans l’exemple 2, la limite en 1 vaut 2. Si on redéfinit g(1) = 2, la fonction devient continue en 1. On dit qu’on a prolongé g par continuité en 1.

3Continuité à droite et à gauche

Définitions
  • Continue à droite en x₀ : limx→x₀⁺ f(x) = f(x₀) (on s’approche de x₀ par des valeurs plus grandes).
  • Continue à gauche en x₀ : limx→x₀⁻ f(x) = f(x₀) (on s’approche par des valeurs plus petites).
Théorème f est continue en x₀ si et seulement si elle est continue à droite et à gauche en x₀ :
limx→x₀⁻ f(x) = limx→x₀⁺ f(x) = f(x₀)

On utilise surtout ce théorème pour les fonctions définies par morceaux.

Exemple 3 · Continuité à droite f(x) = x² − 4x − 2 pour x > 2, et f(2) = 4. Pour x > 2, f(x) = x + 2, donc limx→2⁺ f(x) = 4 = f(2). f est continue à droite en 2.
Exemple 4 · Trouver un paramètre Déterminer le réel a pour que f soit continue en 1, avec
f(x) = ax + 1 si x ≤ 1   ;   f(x) = x² + 2 si x > 1
  1. À gauche : f(1) = a + 1, et limx→1⁻ f(x) = a + 1.
  2. À droite : limx→1⁺ f(x) = 1² + 2 = 3.
  3. Pour la continuité, il faut a + 1 = 3, donc a = 2.
Méthode pour une fonction par morceaux Calculer séparément la limite à gauche, la limite à droite et la valeur f(x₀). Si les trois sont égales, f est continue. Sinon, elle ne l’est pas.

4Continuité sur un intervalle

Définitions
f est continue sur…si…
]a, b[f est continue en chaque point de ]a, b[.
[a, b[continue sur ]a, b[ et à droite en a.
]a, b]continue sur ]a, b[ et à gauche en b.
[a, b]continue sur ]a, b[, à droite en a et à gauche en b.
À retenir Aux bornes fermées d’un intervalle, on n’a de continuité que d’un seul côté : à droite pour la borne de gauche, à gauche pour la borne de droite.
Attention Si f est continue sur [a, b] et sur [b, c], alors elle est continue sur [a, c]. Mais f peut être continue sur [a, b[ et sur [b, c] sans être continue sur [a, c] (par exemple s’il y a un saut en b).

5Opérations, fonctions usuelles et composée

5.1 Fonctions continues à connaître

Fonctions usuelles continues
  • Les polynômes sont continus sur ℝ.
  • Les fractions rationnelles sont continues sur chaque intervalle de leur ensemble de définition (là où le dénominateur ≠ 0).
  • sin et cos sont continues sur ℝ.
  • tan est continue sur chaque intervalle ]−π2 + kπ ; π2 + kπ[ (k ∈ ℤ).
  • x ↦ √x est continue sur [0, +∞[.
  • x ↦ |x| est continue sur ℝ.

5.2 Opérations

Propriété Si f et g sont continues en a (ou sur I) et k est un réel, alors f + g, k·f, f × g et |f| sont continues. Si de plus g(a) ≠ 0, alors 1g et fg sont continues en a. Si f(a) ≥ 0, alors √f est continue en a.

5.3 Composée de fonctions

Rappel (g∘f)(x) = g(f(x)). On calcule d’abord f(x), puis on applique g. En général g∘f ≠ f∘g.
Théorème
  • Si f est continue en x₀ et g est continue en f(x₀), alors g∘f est continue en x₀.
  • Si f est continue sur I et g est continue sur f(I), alors g∘f est continue sur I.
  • Limite d’une composée : si limx→x₀ u(x) = ℓ et si v est continue en ℓ, alors limx→x₀ v(u(x)) = v(ℓ).
Exemple 1 f(x) = √(x² + x + 3). Le polynôme x² + x + 3 a un discriminant Δ = 1 − 12 = −11 < 0 et un coefficient de x² positif : il est strictement positif sur ℝ. Comme x ↦ √x est continue sur [0, +∞[, f est continue sur ℝ (composée).
Exemple 2 g(x) = 4x³ + x + 1x² + 2x − 3. Le dénominateur s’annule pour x = 1 et x = −3 car x² + 2x − 3 = (x − 1)(x + 3). g est une fraction rationnelle donc continue sur ]−∞, −3[, sur ]−3, 1[ et sur ]1, +∞[.
Exemple 3 h(x) = cos(2x² − 3x + 4) est continue sur ℝ : composée du polynôme 2x² − 3x + 4 (continu sur ℝ) et de cos (continue sur ℝ).
Exemple 4 · Limite avec une composée Calculer limx→0 sin(π × 1 − cos xx²). On sait que limx→0 1 − cos xx² = 12. Comme sin est continue en π2, la limite vaut sin(π2) = 1.
Phrase type pour justifier une continuité « f est continue sur I car c’est la somme / le produit / le quotient / la composée de fonctions continues sur I. »

6Image d’un intervalle par une fonction continue

Propriétés
  • L’image d’un intervalle par une fonction continue est un intervalle.
  • L’image d’un segment [a, b] par une fonction continue est un segment [m, M], où m est le minimum et M le maximum de f sur [a, b].

Si f est continue et strictement monotone

On utilise les valeurs de f aux bornes, ou ses limites si la borne est ouverte ou infinie.

Intervalle If strictement croissante : f(I)f strictement décroissante : f(I)
[a, b][f(a), f(b)][f(b), f(a)]
[a, b[[f(a), limx→b⁻ f[] limx→b⁻ f, f(a)]
]a, b]] limx→a⁺ f, f(b)][f(b), limx→a⁺ f[
]a, b[] limx→a⁺ f, limx→b⁻ f[] limx→b⁻ f, limx→a⁺ f[

(a et b peuvent être −∞ ou +∞ pour les bornes ouvertes.)

Exemple 1 f(x) = x² + 1 est continue et strictement croissante sur [0, +∞[. Donc f([1, 2]) = [f(1), f(2)] = [2, 5] et f([0, 1[) = [f(0), f(1)[ = [1, 2[.
Exemple 2 · Fonction non monotone Soit f(x) = x² − 4x + 3 sur [0, 3]. On cherche f([0, 3]).
  1. f′(x) = 2x − 4. f est décroissante sur [0, 2] et croissante sur [2, 3].
  2. f(0) = 3, f(2) = −1, f(3) = 0.
  3. f([0, 2]) = [f(2), f(0)] = [−1, 3] et f([2, 3]) = [f(2), f(3)] = [−1, 0].
  4. On réunit : f([0, 3]) = [−1, 3] ∪ [−1, 0] = [−1, 3].
Méthode Si f n’est pas monotone sur l’intervalle, on le découpe en morceaux où f est strictement monotone (avec le tableau de variations), on calcule l’image de chaque morceau, puis on fait la réunion.

7Théorème des valeurs intermédiaires (TVI)

L’idée Si tu montes d’un étage (−1) à un autre étage (+2) sans quitter l’immeuble, tu passes forcément par le rez-de-chaussée (0). Une fonction continue ne « saute » aucune valeur entre f(a) et f(b).
Théorème (TVI) Si f est continue sur [a, b], alors pour tout réel k compris entre f(a) et f(b), il existe au moins un c ∈ [a, b] tel que f(c) = k.
ab c k
La droite y = k coupe la courbe en un point d’abscisse c.
Corollaire 1 (le plus utilisé) Si f est continue sur [a, b] et si f(a) × f(b) < 0 (valeurs de signes contraires), alors l’équation f(x) = 0 admet au moins une solution dans ]a, b[.
Corollaire 2 (unicité) Si, en plus, f est strictement monotone sur [a, b], alors cette solution est unique.
Plus généralement : si f est continue et strictement monotone sur I, pour tout k ∈ f(I), l’équation f(x) = k a une solution unique dans I.
Méthode en 4 étapes pour « montrer que l’équation f(x) = 0 admet une unique solution dans [a, b] »
  1. Montrer que f est continue sur [a, b].
  2. Calculer f(a) et f(b) et montrer que f(a) × f(b) < 0.
  3. Montrer que f est strictement monotone (signe de f′).
  4. Conclure avec le TVI : existence et unicité.
Exemple 1 Montrer que l’équation x³ + x − 1 = 0 admet une unique solution α dans [0, 1].
  1. f(x) = x³ + x − 1 est un polynôme, donc continue sur [0, 1].
  2. f(0) = −1 et f(1) = 1, donc f(0) × f(1) = −1 < 0.
  3. f′(x) = 3x² + 1 > 0, donc f est strictement croissante sur [0, 1].
  4. D’après le TVI, l’équation f(x) = 0 a une unique solution α dans [0, 1].
Exemple 2 Montrer que x³ − x + 3 = 0 a une solution dans ]−2, 0[. On pose f(x) = x³ − x + 3, continue sur ℝ. f(−2) = −8 + 2 + 3 = −3 < 0 et f(0) = 3 > 0. Donc f(−2) × f(0) < 0 et d’après le TVI il existe au moins une solution dans ]−2, 0[.

8La méthode de dichotomie

Quand on sait qu’une équation f(x) = 0 a une solution dans [a, b], la dichotomie permet de l’encadrer de plus en plus finement, en coupant l’intervalle en deux à chaque étape.

Principe (f continue sur [a, b] avec f(a) ≤ 0 ≤ f(b))
  1. On calcule le milieu m = a + b2.
  2. Si f(m) ≤ 0, la solution est dans [m, b]. Sinon, elle est dans [a, m].
  3. On recommence avec le nouvel intervalle.
Après n étapes, la solution est dans un intervalle de longueur b − a2n.
Exemple · Encadrer √10 On pose f(x) = x² − 10 sur [3, 4]. On a f(3) = −1 ≤ 0 ≤ f(4) = 6. Teste la méthode toi-même :
ÉtapeIntervalle [a, b]Milieu mSigne de f(m)Nouvel intervalle

Après 8 étapes : 3,160 ≤ √10 ≤ 3,164, donc √10 ≈ 3,16.

9Fonction réciproque

L’idée La fonction « carré » fait passer de 2 à 4. La fonction réciproque « racine carrée » fait le chemin inverse : de 4 à 2. La réciproque défait ce que f a fait.
Théorème Soit f continue et strictement monotone sur un intervalle I, et J = f(I). Alors :
  1. J est un intervalle (ses bornes sont données par f aux bornes de I, ou par les limites).
  2. f est une bijection de I sur J : elle admet une fonction réciproque f⁻¹ définie sur J, avec
    y = f(x) ⇔ x = f⁻¹(y)   (x ∈ I, y ∈ J)
  3. f⁻¹ est continue et strictement monotone sur J, avec la même monotonie que f.
  4. f(f⁻¹(x)) = x pour x ∈ J, et f⁻¹(f(x)) = x pour x ∈ I.
  5. Les courbes de f et f⁻¹ sont symétriques par rapport à la droite y = x (la première bissectrice).
En bleu foncé : f(x) = x² sur [0, +∞[. En rouge : sa réciproque x ↦ √x. Tirets : la droite y = x.
Dérivée de la réciproque Si f est dérivable en x₀ avec f′(x₀) ≠ 0, alors f⁻¹ est dérivable en y₀ = f(x₀) et
(f⁻¹)′(y₀) = 1f′(x₀)
Exemple 1 · Trouver f⁻¹ f(x) = x² + 1 sur I = [0, +∞[.
  1. f est continue et strictement croissante sur I (f′(x) = 2x > 0 pour x > 0).
  2. J = f(I) = [f(0), limx→+∞ f[ = [1, +∞[. Donc f est une bijection de [0, +∞[ sur [1, +∞[.
  3. On résout y = x² + 1 : x² = y − 1, et comme x ≥ 0, x = √(y − 1).
  4. Donc f⁻¹(x) = √(x − 1) pour x ∈ [1, +∞[.
Exemple 2 · Dérivée de f⁻¹ f(x) = x³ + x est continue, strictement croissante sur ℝ (f′(x) = 3x² + 1 > 0). Calculons (f⁻¹)′(2).
  1. On cherche x₀ tel que f(x₀) = 2 : f(1) = 1 + 1 = 2, donc x₀ = 1.
  2. f′(1) = 3 + 1 = 4 ≠ 0.
  3. (f⁻¹)′(2) = 1f′(1) = 14.

10Fonction racine n-ième

Définition Pour n ∈ ℕ*, la fonction x ↦ xn est continue et strictement croissante sur [0, +∞[. Elle admet donc une réciproque, appelée racine n-ième et notée n√x (ou x1/n) :
pour x ≥ 0 et y ≥ 0 :   n√x = y ⇔ yn = x
Cas particuliers : n = 2 donne la racine carrée √x ; n = 3 donne la racine cubique.
Propriétés (a, b ≥ 0 ; b > 0 pour le quotient)
  • n√0 = 0 et n√1 = 1.
  • (n√a)n = a  et  n√an = a.
  • n√ab = n√a × n√b  ;  n√a/b = n√an√b.
  • m√n√a = mn√a.
  • n√x est continue et strictement croissante sur [0, +∞[.
  • limx→+∞ n√x = +∞.
  • n√x ≥ a ⇔ x ≥ an  ;  n√x ≤ a ⇔ 0 ≤ x ≤ an.
Limites avec une racine n-ième Si LIM u(x) = +∞ alors LIM n√u(x) = +∞. Si LIM u(x) = ℓ ≥ 0, alors LIM n√u(x) = n√ℓ.

Résoudre l’équation xn = a

a ≥ 0a < 0
n pairS = { n√a ; −n√a }S = ∅ (aucune solution)
n impairS = { n√a }S = { −n√−a }
Exemples
  • x⁴ = 16 : n = 4 est pair et 16 ≥ 0, donc S = {2 ; −2}.
  • (x − 1)³ = −27 : n = 3 est impair et −27 < 0, donc x − 1 = −3√27 = −3, soit S = {−2}.
  • x⁴ = −5 : n pair et a < 0, donc S = ∅.

Expressions conjuguées

Identités utiles
  • a³ − b³ = (a − b)(a² + ab + b²)  et  a³ + b³ = (a + b)(a² − ab + b²).
  • a⁴ − b⁴ = (a − b)(a³ + a²b + ab² + b³).
On s’en sert pour lever des formes indéterminées avec des racines cubiques ou quatrièmes.
Exemple · Limite avec une racine cubique Calculer limx→1 3√x − 1x − 1 (forme 00).
  1. Posons a = 3√x et b = 1. Alors x − 1 = a³ − b³ = (a − 1)(a² + a + 1).
  2. Donc 3√x − 1x − 1 = a − 1(a − 1)(a² + a + 1) = 1a² + a + 1.
  3. Quand x → 1, a → 1 et la limite vaut 11 + 1 + 1 = 13.

11Puissances rationnelles d’un réel positif

Définition Pour x > 0, q ∈ ℕ* et r = pq avec p ∈ ℤ :
x1/q = q√x   et   xp/q = q√xp = (q√x)p
Règles de calcul (x, y > 0 ; r, r′ ∈ ℚ) : ce sont les mêmes règles que les puissances entières.
  • xr + r′ = xr × xr′
  • xr × r′ = (xr)r′
  • x−r = 1xr  ;  xr − r′ = xrxr′
  • (xy)r = xr × yr  ;  (xy)r = xryr
Exemples
  • 82/3 = (3√8)² = 2² = 4.
  • 52/3 × 6√25 = 52/3 × 52/6 = 52/3 × 51/3 = 51 = 5.
  • 3√54 ÷ 3√2 = 3√27 = 3.
Comparer deux nombres : 3√5 et 4√20 On les écrit avec le même exposant : 3√5 = 51/3 = 54/12 = (5⁴)1/12 = 6251/12, et 4√20 = 201/4 = 203/12 = (20³)1/12 = 80001/12. Comme 625 < 8000 et que la racine douzième est croissante, 3√5 < 4√20.
Astuce Pour simplifier ou comparer des racines, transforme-les toujours en puissances : n√x = x1/n. Ensuite, tu utilises les règles habituelles des puissances.

12Que faire dans un exercice ?

Voici les types de questions les plus fréquents et le bon réflexe pour chacun.

La questionLe réflexe
« Étudier la continuité de f en x₀ »Calculer limx→x₀ f(x) et f(x₀), puis comparer. Pour une fonction par morceaux, calculer les limites à gauche et à droite.
« Déterminer a pour que f soit continue en x₀ »Écrire limite à gauche = limite à droite = f(x₀), puis résoudre l’équation en a.
« Montrer que f est continue sur I »Citer : polynôme, fraction rationnelle, racine, sin, cos… et somme / produit / quotient / composée.
« Déterminer f(I) »Tableau de variations, puis le tableau des images (partie 6). Si besoin, découper en morceaux et faire la réunion.
« Montrer que f(x) = 0 a une solution »TVI : f continue + f(a) × f(b) < 0.
« …une unique solution »TVI + f strictement monotone (étudier le signe de f′).
« Encadrer la solution »Dichotomie, ou calculer f en quelques valeurs bien choisies (0,5 ; 0,6 ; 0,7…).
« Montrer que f admet une réciproque, la déterminer »Continue + strictement monotone ⇒ bijection de I sur J = f(I). Puis résoudre y = f(x) pour exprimer x en fonction de y.
« Résoudre x^n = a »Regarder la parité de n et le signe de a (tableau de la partie 10).

13Erreurs à éviter

Oublier f(x₀)Avoir une limite ne suffit pas : il faut qu’elle soit égale à f(x₀).
Écrire « ∞ » dans un calculOn n’écrit jamais « ∞ − ∞ = 0 » ni « 10 = ∞ » sans regarder le signe (0⁺ ou 0⁻).
Confondre continuité et dérivabilitéContinue ne veut pas dire dérivable (|x| est continue en 0 mais pas dérivable).
TVI sans continuitéSans f continue sur [a, b], le théorème ne s’applique pas. Il faut le dire !
Unicité sans monotonieLe TVI seul donne « au moins une » solution. Pour « une seule », il faut f strictement monotone.
Racine d’un nombre négatif√x n’existe que pour x ≥ 0 (la racine cubique, elle, existe aussi pour x < 0 mais se note −3√−x).
Oublier le domaineUne fraction n’est continue que là où le dénominateur est non nul.
Oublier l’intervalle de la réciproqueToujours préciser I et J = f(I) avant d’écrire f⁻¹.

14Exercices d’entraînement corrigés

Cherche d’abord seul(e) sur ton cahier, puis ouvre la solution pour vérifier.

★ Exercice 1 · Limites

Calculer : (a) limx→+∞ 2x² + 3xx² − 1   (b) limx→3 x² − 9x − 3   (c) limx→2⁻ 1x − 2   (d) limx→+∞ (√(x + 1) − √x).

Voir la solution

(a) Terme dominant : 2x²x² = 2. Limite = 2.

(b) Forme 00. x² − 9 = (x − 3)(x + 3), donc le quotient vaut x + 3 → 6. Limite = 6.

(c) Quand x → 2⁻, x − 2 → 0⁻, donc 1x − 2 → −∞.

(d) Forme +∞ − ∞. Conjugué : √(x + 1) − √x = (x + 1) − x√(x + 1) + √x = 1√(x + 1) + √x → 0. Limite = 0.

★ Exercice 2 · Continuité en un point

Soit f(x) = sin xx pour x ≠ 0 et f(0) = 1. Soit g(x) = x² − 1x − 1 pour x ≠ 1 et g(1) = 3. Étudier la continuité de f en 0 et de g en 1.

Voir la solution

f en 0 : limx→0 sin xx = 1 = f(0). Donc f est continue en 0.

g en 1 : pour x ≠ 1, g(x) = x + 1 → 2. Mais g(1) = 3 ≠ 2. Donc g est discontinue en 1. On peut la rendre continue en posant g(1) = 2 (prolongement par continuité).

★★ Exercice 3 · Fonction par morceaux

Soit f(x) = x² − 1x − 1 si x > 1, et f(x) = ax + 3 si x ≤ 1. Déterminer a pour que f soit continue en 1.

Voir la solution

À droite : pour x > 1, f(x) = x + 1, donc limx→1⁺ f(x) = 2.

À gauche et en 1 : f(1) = a + 3 et limx→1⁻ f(x) = a + 3.

Continuité ⇔ a + 3 = 2 ⇔ a = −1.

★★ Exercice 4 · Image d’un intervalle

Soit f(x) = x² − 4x + 3. Déterminer f([2, +∞[) et f([0, 3]).

Voir la solution

f′(x) = 2x − 4 : f est décroissante sur ]−∞, 2] et croissante sur [2, +∞[. Le minimum est f(2) = −1.

Sur [2, +∞[, f est continue et strictement croissante, donc f([2, +∞[) = [f(2), limx→+∞ f[ = [−1, +∞[.

Sur [0, 3] : f([0, 2]) = [−1, 3] et f([2, 3]) = [−1, 0]. La réunion donne f([0, 3]) = [−1, 3].

★★ Exercice 5 · TVI et dichotomie

Soit f(x) = x³ + x − 1. (1) Montrer que f(x) = 0 a une unique solution α dans [0, 1]. (2) Par une étape de dichotomie, puis une deuxième, encadrer α.

Voir la solution

(1) f est continue (polynôme), f(0) = −1 < 0, f(1) = 1 > 0 et f′(x) = 3x² + 1 > 0 donc f est strictement croissante. Par le TVI, α existe et est unique dans [0, 1].

(2) Milieu de [0, 1] : f(0,5) = 0,125 + 0,5 − 1 = −0,375 < 0, donc α ∈ ]0,5 ; 1[. Milieu de [0,5 ; 1] : f(0,75) = 0,421875 + 0,75 − 1 ≈ 0,172 > 0, donc α ∈ ]0,5 ; 0,75[. 0,5 < α < 0,75.

★★ Exercice 6 · Fonction réciproque

Soit f(x) = x² − 2x sur I = [1, +∞[. Montrer que f admet une réciproque sur I, puis déterminer f⁻¹(x).

Voir la solution

f est continue (polynôme) et f′(x) = 2x − 2 ≥ 0 sur [1, +∞[, avec f′(x) > 0 pour x > 1 : f est strictement croissante sur I.

J = f(I) = [f(1), limx→+∞ f[ = [−1, +∞[. f est une bijection de [1, +∞[ sur [−1, +∞[.

Soit y ∈ J et x ∈ I tels que y = x² − 2x. Alors y + 1 = (x − 1)². Comme x − 1 ≥ 0, x − 1 = √(y + 1), donc x = 1 + √(y + 1).

f⁻¹(x) = 1 + √(x + 1) pour x ∈ [−1, +∞[.

★★ Exercice 7 · Racines et puissances

(1) Résoudre x⁴ = 81 puis (x + 2)³ = 8. (2) Simplifier 4√16 × 82/3. (3) Comparer 3√5 et 4√20.

Voir la solution

(1) x⁴ = 81 : n pair, a > 0, donc S = {3 ; −3}. (x + 2)³ = 8 : x + 2 = 3√8 = 2, donc S = {0}.

(2) 4√16 = 2 et 82/3 = (3√8)² = 4. Le produit vaut 8.

(3) 3√5 = 6251/12 et 4√20 = 80001/12. Donc 3√5 < 4√20.

★★★ Exercice 8 · Limite d’une composée

Calculer limx→+∞ cos(πx2x + 1) et justifier que h(x) = √(1 − x²) est continue sur [−1, 1].

Voir la solution

πx2x + 1 → π2 quand x → +∞ (termes dominants). cos est continue en π2, donc la limite vaut cos(π2) = 0.

x ↦ 1 − x² est un polynôme (continu sur ℝ) et 1 − x² ≥ 0 sur [−1, 1]. Comme √ est continue sur [0, +∞[, h est continue sur [−1, 1] comme composée.

★Fiche résumé à retenir

  • Continuité en x₀ : limx→x₀ f(x) = f(x₀) ⇔ continue à droite et à gauche.
  • Fonctions continues : polynômes, fractions rationnelles (sur leur domaine), √, sin, cos, tan (sur son domaine), et somme / produit / quotient / composée de fonctions continues.
  • Image d’un intervalle : par une fonction continue, c’est un intervalle ; un segment donne un segment [m, M].
  • TVI : f continue sur [a, b] et f(a) × f(b) < 0 ⇒ f(x) = 0 a au moins une solution ; avec f strictement monotone ⇒ solution unique.
  • Réciproque : f continue et strictement monotone sur I ⇒ bijection de I sur f(I), f⁻¹ de même monotonie, courbes symétriques par rapport à y = x.
  • Racine n-ième : réciproque de x ↦ xn sur [0, +∞[ ; n√x = x1/n.
lim (efforts) = réussite au Bac
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